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Qatar, d’où vient et à quoi sert l’argent fou …..

Le PointTN-

ou comment la famille régnante du Qatar,  a-t-elle établi sa fortune et (mal) acquis ses biens, comment l’utilise-t-elle pour ses desseins politiques et pourquoi ce micro-état en est il arrivé à acheter aussi bien la France que la Tunisie ….

Un article à paraitre en 3 parties, sur les moyens financiers  de l’emir et du  Qatar ,  de sa stratègie  globale  d’expansion, et de son extraordinaire plan medias .

Partie 1 :  Le Qatar, un ilôt gazier, en totale jouissance de l’Emir .

Le Qatar est un bras de terre,  rattaché à l’Arabie Saoudite sur 60 kilomètres, qui d’ailleurs  pourrait à très court devenir une île, selon la volonté de Mohamed Ben Salman  d’isoler géographiquement ce pays. En effet, ce projet pharaonique de Riyad, aurait été étudié dans l’urgence, par le canadien SNC-Lavallin  et serait, d’après le site saoudien Sabq,  dans l’attente du feu vert officiel, pour  être “réalisé en seulement douze mois” pour un coût total d’environ 600 millions d’euros. Il consisterait à  creuser la terre sur “une largeur de 200 mètres et une profondeur de 15 à 20 mètres”, et cela sur toute la longueur de la frontière terrestre entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. 

Mettons les choses à leur échelle.

La superficie du Qatar est d’environ  11 000 km2, soit l’équivalent du  gouvernorat de Médenine ou  de Kasserine, ou encore 1/60eme de la France.

Sa population est de 2,7 millions d’habitants, soit autant que le Grand Tunis composée pour 15% de qataris, de 15% d’autres arabes et de 60%, soit 1,5 millions, issu des pays du sous-continent indien.

Ses ressources proviennent à prés de 90% de ses exports de gaz (  dont il détient 15 % des réserves mondiales)  l’autorisant ainsi à afficher  un PIB  de 170 milliards USD, plus de 4 fois celui de la Tunisie.

Le fonds souverain du Qatar, le QIA , « Qatar Investment Authority », fondé en 2005, dispose de plus de 200 milliards de dollars, dont il a du  rapatrier  autour de 20 milliards de dollars pour disposer d’un matelas de sécurité financier pour aider son Etat frappé par un embargo et une crise diplomatique avec ses voisins du Golfe.

De l’avis publié d’experts, ce fonds, qui  dispose de seulement  de 10% de l’ensemble des fonds « pétroliers » du Golfe, aurait pu atteindre aujourd’hui au moins le double, n’eut été la mauvaise gestion des  années 2000 (sur laquelle on reviendra) associée au  financement à outrance d’une politique étrangère à terme condamnée (sur laquelle on reviendra aussi).

L’emir Khalifa al-Thani, grand père de l’emir actuel , a été renversé en 1995, alors qu’il était en voyage à l’étranger par son fils  Hamad , et à qui il a du rétrocéder au bout de longues années de négociations plus de la moitié de sa fortune pour être autorisé à finir ses jours dans son pays.  Le même Hamad al-Thani a volontairement abdiqué le 25 juin 2013, au profit de son fils Tamim, âgé alors de seulement 33 ans, qu’il a eut de  son épouse préférée, la flamboyante et avisée Mozza.

Flamboyante car devenue une icône mondiale de  mode,  personnalité caritative de premier plan (atteignant quelques centaines de millions de dollars en donation annuelle),  collectionneuse ( pour un milliard de dollars ) et chantre de la culture globale mondiale..

Avisée, car à la prise de pouvoir de son mari,  mutée  maîtresse des affaires financières de la maison princière, elle a fait de celles-ci et d’une approche artisanale gérant quelques 300 millions de dollars aboutir à une machine de gestion de fortune  engrangeant des avoirs 30 fois supérieurs…

Mais d’où vient cette dizaine de milliards USD de fortune personnelle de l’Emir Tamim et de quelles degré de précision dispose-t-on ?  Une précision tout à fait aléatoire..   Car  toutes les investigations qui s’y sont intéressées, notamment menées par le français Mediapart et l’américain Forbes,  ont buté  sur le fait que la frontière entre les fonds « publics » et les fonds privés de l’émir est une séparation tout à fait symbolique, et ce pour les deux  raisons suivantes .

D’une part, la constitution du Qatar,  actualisée en 2004 et réalisée sur mesure par le proche conseiller (juridique) de l’émir Hamad, l’egyptien Adel Sherbini, prévoit par son article 17 que « les émoluments de l’Émir ainsi que les fonds alloués comme primes et indemnités sont déterminés chaque année par une résolution de l’Émir », qui reste strictement confidentielle, constituant ainsi  un droit inaliénable de s’approprier peu ou partie des ressources de l’État.

D’autre part,  le comité de gestion de la fortune de l’émir, sous la tutelle de son «  private office »  intègre aussi bien  hommes et femmes de confiance de l’emir que quelques ministres avec ou sans portefeuilles, à commencer par le ministre de finances du pays .  Ce qui d’ailleurs peut-être à  l’origine de quelques détournements et profits personnels comme ceux dont aurait été l’auteur , l’ex ministre des affaires étrangères Hamed Ben Jassem, concentrant soupçons d’affairisme et de corruption,  immédiatement limogé par Tamim à sa prise de pouvoir, malgré son statut de bras droit et homme de confiance de son père . 

Selon « Qatar, les secrets du coffre-fort »  ( Lafon, des journalistes Malbrunot et Chesnot ) , l’emir Khalifa  qui avait mis en sécurité près de 5 milliards USD à l’étranger aurait restitué à son fils Hamad plus de la moitié de cette somme. 

Et ce magot, à l’origine propriété d’une famille comptant officiellement 3 épouses et 24 enfants, est devenu aujourd’hui, au bout de 25 ans,  objet de montages et de placement très pointus,  gérés en majorité par la Holding  Mayapan BV, enregistré aux Pays-Bas.  Le principal terrain d’investissement est l’immobilier dont les avoirs équivaudraient à plus de la moitié du patrimoine, avec entre autres une valorisation de l’ordre de  3,5 milliards Usd rien qu’en France.  Mais ces acquisitions, facilités par l’état français et par les présidents Chirac et surtout Sarkozy, ont générés bien des remous, et plaintes en justice. Les plus connus sont  la plainte déposé par les intermédiaires de l’acquisition du siège de la HSBC à Paris et l’enquête ouverte par le parquet de Paris pour blanchiment de fraude fiscale, visant directement l’emir en personne.

Selon des câbles américains rendus disponibles par Wikileaks ( 09DOHA 277_b et_c),  la stratègie  du fonds qatari est très claire : de l’immobilier, des entreprises bien gérés avec une bonne image mais en manque de liquidités, et surtout des vendeurs en détresse,  institutionnels, publics ou privés, contraints de céder leurs avoirs rapidement et à un prix sans commune mesure avec leur valorisation,  comptant souvent sur la complicité politique pour boucler les ventes. C’est notamment le cas en Tunisie ou les  investissements qatari ont explosé et à laquelle s’intéresserait plus particulièrement le frère de l’emir Tamim, le prince Joaan Al Thani .  Le complexe Dar Naouar, 20 hectares en bord de mer, situé à la banlieue de Tunis est par exemple, acquis en 2016 pour moins de 5 millions d’euros !!

Pour ce faire, Hamad puis Tamim ont mis en place progressivement un certain nombre d’hommes et femmes de confiance. Dans les années 90, disposant d’une centaine de millions de dollars, Hamad Al Thani   confie, à ses débuts,  ses fonds à son  instructeur de plongée Jean Marie Josse et son coach sportif belge Freddy Herbrand. Les deux sont  quelques années plus tard, entre temps déjà devenus multimillionnaires, renvoyés à l’amiable pour abus de confiance mais surtout pour un ensemble incroyable d’investissements foireux.

Seuls y échappent un peu les investissements réalisés aux iles Turk et Caicos, un archipel paradisiaque des caraïbes dont tombe amoureux l’emir Hamad et où il y est devenue la personnalité la plus connue. C’est là qu’il fait la connaissance de l’avocat immobilier Barrie Cooke,  qui devient très vite son gestionnaire de fortune à Doha. Auteur des montages sophistiqués et imperméables,  montés dans divers paradis fiscaux, Îles Vierges britanniques, Gibraltar, île de Man, Luxembourg, Pays-Bas,  et bien sur Turks et Caicos ainsi que le Panama, Il est promu  à la tète de son cabinet privé pour quelques années,  avant d’être brusquement chassé par la princesse Mozza après avoir découvert qu’il se servait avant ses employeurs..

Il est progressivement remplacé par Victor Agha et surtout Chadia  Clot, de son vrai nom Jihan Sambar, patronne de French Properties. Cette dernière,  connue du monde des affaires et des brigades economiques en  France et en … Tunisie, a été auditionné en 2012 par le parquet parisien en rapport avec les biens mal acquis de Ben Ali,   le PV faisant  état d’une intermédiation relative à un projet immobilier à Gammarth, banlieue de Tunis. 

Cette franco-pales tienne, ancienne propriétaire d’une galerie d’art parisienne, a gagné la confiance de sa cliente  en peintures et autres sculptures, l’emiresse Mozza,  au point d’en arriver  à  gérer son patrimoine européen …. jusqu’en 2017 , où elle se voit obligé de démissionner, poursuivi en justice en France dans plusieurs nouvelles affaires en tant que gestionnaires de la structure de family office parisienne … .

Pour se défendre, elle peut compter, entre autres,  sur son fils Ziyad Clot,  activiste, négociateur officiel palestinien  et avocat du Fatah,  membre un temps de la maison de l’emir . Un coup de balai qui a touché ses conseillers du groupe Borletti,   structure qui avait  conduit le rachat du groupe Printemps pour 1,61 milliard d’euros.  Ainsi l’emir Tamim aurait initié un processus de liquidation de sa plateforme d’investissement French Properties devenue trop voyante et surtout trop entachée. Une extinction de structure qui pose, en 2018,  de nombreuses questions.

Quand à Victor Nadheem Agha, c’est loin d’être un inconnu en Tunisie qu’il visite régulièrement rencontrant toutes personnalités souhaitées sur le champs, et notamment les grands propriétaires hôteliers.  C’est à sa casquette de PDG  de Majda Tunisie qu’il le doit,  investissant en Tunisie des  le lendemain de la révolution et l’arrivée d’Ennahdha,  achetant  du groupe Miled, son Tabarka beach pour en faire le palace La Cigale, la SNV propriétaire du Dar Naouar Gammarth pour y investir 100 millions USD, ou la  banque islamique Zitouna pour le même ticket 100 millions USD.

Une sorte de revanche pour le Qatar, que Ben Ali ne portait pas dans son cœur, et avec qui, il avait, un temps rompu les relations diplomatiques .  Dernièrement, des sources concordantes indiqueraient  que son nom apparaîtrait dans les rapports de pré-audit initié par la Banque Centrale de Tunisie en janvier 2019 et relatif aux ONG donatrices  et comptes du parti islamique Ennahdha .

Aujourd’hui en France,  après la protection observée  lors de l’ère Sarkozy, qui avait convaincu l’emir Hamad de reprendre le PSG, les  avantages accordées au Qatar, sont remises en question, et sont mises  en avant  publiquement par les gilets jaunes. 

Pourquoi  le richissime Qatar et sa famille régnante, ont-ils joui et jouissent encore  d’une exemption fiscale en France ?

Pourquoi les emirs du Qatar sont ils dans le Sud Tunisien, officiellement autorisés à braconner en Janvier des espèces menacées et protégées ( outardes dont le foie aurait des vertus aphrodisiaques) , et  ce durant la période d’interdiction de chasse ?

Quelles  personnalités l’état gazier a-t-il  acheté en France et en Tunisie ? Pourquoi  et comment  Sherpa en France, spécialiste des biens mal acquis,  I-Watch  et autres ONG  détournent ils leurs regard dés lors qu’il s’agit du Qatar ….

Ghassen saddik

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