samedi , octobre 21 2017
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53ème édition du Festival International de Carthage Théâtre romain de Carthage Terroriste moins quart de Raouf Ben Yaghlane Des mots pour soigner les maux…

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Raouf Ben Yaghlane revient sur scène du théâtre romain de Carthage avec  » terroriste moins quart », une comédie sociale où il se livre à une critique acerbe de tous ceux qui se proclament djihadistes au nom de Dieu et qui n’ont en réalité aucun rapport avec la religion musulmane laquelle par définition appelle à  la paix et à la fraternité.

Dans un décor minimaliste dans lequel trône un  divan rouge, qui donne le ton à un théâtre où la dimension psychologique  en est la trame, Raouf Ben Yaghlane s’adresse à son public avec amour et délicatesse en l’associant avec beaucoup de tact et subtilité à son jeu d’acteur, faisant de lui l’un des personnages de la pièce. Dans terroriste moins quart Raouf Ben Yaghlane fait allusion à ses œuvres précédentes tout en précisant que cette nouvelle production s’inscrit dans la continuité logique de son travail antérieur. Son personnage central avec lequel il s’adonne  une analyse profonde de la société tunisienne post révolution, n’est autre que le héros de  ses autres œuvres qui évolue et se transforme en fonction des mutations sociales.

Dans un espace-temps  bien défini, le dramaturge  traite d’un thème d’actualité extrêmement délicat ; le terrorisme, tout en réitérant la question relative à la création avec son lot de  contradiction, de souffrance avec soi et de confrontation avec le pouvoir.

Mais toujours fidèle à lui-même Ben Yaghlane ne cède aucun pouce de sa liberté d’expression à laquelle il tient comme aux prunelles de ses yeux. Le public a découvert le même Ben Yaghlane avec son humour cynique, mais aussi sa critique acerbe qui utilise  les mots pour soigner les maux d’une société en quête d’équilibre, de valeurs et d’espoir. Ben Yaghlane a utilisé tous les accessoires de lumière, de son et d’images pour conférer à son œuvre une esthétique parfaite.

Dans ce One man show bien ficelé, Ben Yaghlane  dissèque le  phénomène du terrorisme en tentant de révéler son vrai visage,  en s’appuyant sur le résultat d’un long travail  d’investigation mené auprès de jeunes issus de plusieurs localités tunisiennes, d’experts de terrorisme, de spécialistes d’Islam et de  sociologues.

« Terroriste moins quart » est une comédie satirique qui évoque le parcours d’un jeune diplômé au chômage qui se rend compte que la corruption conditionne la société dans toutes ses composantes. Entre échec et déception, Il se retrouve pris  dans l’engrenage d’un réseau de crime organisé, de drogues, de trafic d’armes et de terrorisme. Ces réseaux le radicalisent   en lui offrant l’illusion d’une échappatoire à ses problèmes de jeune sans espoir. Mais la pièce est au fond un hymne à la Tunisie et un chant d’espoir chargé de signe et de symboles de reconnaissance à tous ceux qui veillent sur sa quiétude et son invulnérabilité. Un message à tous pour conjuguer tous les efforts pour sauver le terroriste moins quart de lui-même et de la pieuvre djihadiste, sans  foi, ni loi. (124)

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